Aide au développement, la France au rendez-vous

(Paris, 12 avril 2011) - Tribune du ministre chargé de la Coopération, Henri de Raincourt, publié dans le quotidien "La Croix".

La France tient ses engagements. En 2010, elle a atteint un niveau inégalé d’aide publique au développement : dix milliards d’euros, soit 0,50 % de notre richesse nationale. C’est ce que vient d’annoncer l’OCDE. Jamais, en quinze ans, l’aide de la France en matière de développement n’avait franchi un tel palier. Ce résultat inédit mérite d’être relevé. Il traduit la détermination du pays. En 2000, nous nous étions engagés, lors du Sommet du millénaire pour le développement, à mobiliser une partie de nos ressources - 0,51 % en 2010 - pour la solidarité internationale. Nous y sommes parvenus. La France se place en volume au troisième rang mondial des contributeurs après les États-Unis et le Royaume-Uni, et au-dessus du ratio moyen des pays de l’OCDE et de l’Union européenne.

Malgré un contexte budgétaire difficile et une crise économique internationale sévère, Paris a poursuivi ses efforts de solidarité internationale en sanctuarisant la part de sa richesse nationale consacrée à l’aide aux pays du Sud, au sacrifice d’autres postes budgétaires. Cela traduit la conviction intime du président de la République et du Premier ministre que la coopération entre le Nord et le Sud est la pierre angulaire d’une mondialisation régulée, ouverte vers l’avenir, porteuse de valeurs, dans l’intérêt de tous.

Les Objectifs du Millénaire nous invitent à relever plusieurs défis globaux. Le premier consiste à faire reculer la pauvreté et à s’attaquer aux causes des inégalités dans les pays les plus fragiles. C’est la raison pour laquelle la France met l’accent sur l’amélioration de l’éducation, de la sécurité alimentaire et de la santé.

L’Afrique subsaharienne est confrontée à d’immenses défis. C’est pourquoi notre effort porte en priorité sur ce continent, qui est destinataire de plus de la moitié de nos aides. En 2010, la France est le pays du G8 qui concentre le plus son aide sur ce continent. Il est le gage d’une fidélité historique. Il traduit aussi notre confiance dans « l’Afrique qui gagne », dont les niveaux de croissance sont vigoureux, où l’esprit d’initiative ne demande qu’à s’exprimer et où les entreprises sont dynamiques. C’est en écho à cette perspective prometteuse que Nicolas Sarkozy a lancé en 2008 l’initiative du Cap afin de stimuler la croissance endogène et l’emploi en Afrique, en mobilisant dix milliards d’euros.

La protection de la planète constitue un nouveau champ de notre action. La qualité de l’eau, celle de l’air, la lutte contre le changement climatique et la richesse de la biodiversité sont aujourd’hui indissociables de la mise en œuvre d’un développement durable.

L’aide publique doit être maintenue et même renforcée. Pour autant, face aux besoins qui croissent dans des proportions considérables, un seul instrument ne suffira pas. Près de quatre fois plus de moyens seront nécessaires pour apporter des solutions aux pays en voie de développement. Il faut tenir compte de la réalité et changer d’échelle. Il convient par conséquent de s’appuyer sur de nouvelles recettes. C’est pourquoi la France milite, avec d’autres partenaires, du Nord comme du Sud, notamment dans le cadre du G20, pour la mobilisation de ressources additionnelles, complémentaires de l’aide, et indépendantes des politiques budgétaires nationales. Les experts estiment que des financements innovants, consistant à prélever un montant minimal sur des transactions internationales importantes, permettraient de relever considérablement le niveau de l’aide au développement. Il y a là un moyen de démultiplier nos capacités.

Certes, l’aide ne peut pas tout. Mais elle contribue à atténuer les cas de grande pauvreté dans le monde, sources de conflits et de flux migratoires déséquilibrés. L’aide ne se résout pas non plus uniquement avec des transferts financiers, et la qualité de notre aide ainsi que la mesure de ses résultats sont aussi importantes que les montants eux-mêmes - nous avons fait de réels progrès dans la mesure de l’impact de nos projets.

Enfin, l’aide de la France au développement ne se résume pas à un résultat comptable. Elle procède d’une vision de l’État de droit. Elle a pour vocation de conforter des valeurs et de répondre aux exigences démocratiques des peuples, en Tunisie, en Égypte, en Guinée, au Niger et espérons-le, en Côte d’Ivoire. C’est avant tout cette ambition qui guide notre action. Car au-delà des chiffres, ne nous trompons pas de combat. Le développement nous engage tous. Soit nous offrons aux jeunes générations du monde la capacité à se projeter dans un monde meilleur, soit nous partageons le risque d’un monde profondément déséquilibré./.

Dernière modification : 14/04/2011

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