Une Ambassade chargée d’histoire

Histoire de la France au sein du Conseil de l’Europe

La France et le Conseil de l’Europe entretiennent une relation depuis 1949 : en effet, la France a adhéré le 5 mai 1949. C’est l’un des pays fondateur de l’Organisation avec la Belgique, le Danemark, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni.

Le siège du Conseil de l’Europe est situé à Strasbourg, ainsi la France entretient des relations particulières avec le Conseil.

Le français est l’une des deux langues officielles du Conseil de l’Europe.

La France est l’un des six « Grands contributeurs » au Conseil de l’Europe en contribuant au budget à hauteur d’environ 37 millions d’euros par an.

Le budget du Conseil de l’Europe, pour l’année 2018, s’élève à 466.045.100€. La France y contribue pour 38.217.164 €.

La France a signé et ratifié 139 traités du Conseil de l’Europe et a accepté le droit de recours individuel devant la CEDH en 1981 ainsi que la procédure de réclamations collectives devant le CEDS en 1999.

Le juge français à la Cour européenne des droits de l’homme est Monsieur André Potocki.

La France assurera la présidence du Comité des Ministres de mai à novembre 2019.

Pendant sa dernière présidence du Comité des ministres en 1997, la France a accueilli le second sommet des chefs d’États et de gouvernements du Conseil de l’Europe.

La France a donné 3 Secrétaires Généraux au Conseil de l’Europe : Mme Catherine Lalumière (1989-1994) ; M. Léon Marchal (1953-1956) et M. Jacques Camille Paris (1949-1953).

Histoire de la villa Oppenheimer

Alors que le Conseil de l’Europe voit le jour en 1949, il faut attendre 1966 pour que s’installe dans ses locaux actuels la Représentation permanente de la France. Après trois ans de cohabitation avec l’Office des biens et intérêts privés (SBIP), la Représentation occupe, à partir de 1969, la totalité de la "villa Oppenheimer".

Bâtie au début du siècle, la villa prend pour nom celui de ses premiers commanditaires : Julius Oppenheimer et Françoise Busch (ép. Oppenheimer). Le premier est issu d’une famille d’industriels allemands ayant émigré en Alsace après son annexion par l’Allemagne en 1871. L’architecte allemand Bruno Paul est sollicité pour cette construction s’insérant dans la Mannheimer strasse de la Neustadt -l’extension urbaine impulsée par l’Empire allemand, et qui voit l’installation de ses premiers habitants en 1913.

L’architecture

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AMS - Police du bât. 709 W 105 - agrandissable
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AMS - Police du bât. 709 W 105 - agrandissable

Le bâtiment suit le schéma de construction réglementaire d’alors. Il comporte une grande parcelle de jardin, plusieurs balcons à l’étage noble et quelques éléments en pierre de taille. On note la reprise de certains codes de l’architecture néo-classique, la façade principale comprenant des colonnes doriques et un fronton curviligne, au centre duquel se trouve une fenêtre en médaillon. Dans un souci historiciste et de dialogue avec le contexte local, on retrouve dans cette demeure la forme de la villa traditionnelle alsacienne, notamment au niveau de la forme et de l’ardoise de la mansarde, ainsi que de l’utilisation du grès rose, typique de la région.

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AMS - Police du bât. 709 W 105 - agrandissable
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AMS - Police du bât. 709 W 105 - agrandissable

Des occupations multiples

A l’issue de la première guerre mondiale, l’Alsace-Moselle réintègre la France. De nationalité allemande, les membres de la famille Oppenheimer sont expulsés en mars 1920, après que le tribunal régional de Strasbourg a attribué ses usines aux Tanneries de France, et que le siège social de l’entreprise a été transféré à Berlin. Plus tard, en 1938, ils seront cette fois-ci conduits à quitter l’Allemagne, du fait du régime nazi. Le jeune Franz Ferdinand, qui avait 6 ans au départ de Strasbourg, périra à Sachsenhausen en 1941.

La résidence abrite d’abord l’Office de vérification et de compensation pour l’Alsace et la Lorraine. Avec l’invasion allemande, c’est désormais l’organisation Todt, une organisation de génie civil et militaire nazie, qui occupe le 40 rue de Verdun. Après la libération, le bâtiment sera brièvement réquisitionné par l’armée américaine avant d’accueillir le SBIP.

La villa du temps des Oppenheimer - Archives privées Elizabeth Oppenheimer (cousine d’Annlies)

Le legs Oppenheimer

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les enfants Oppenheimer
Archives privées Elisabeth Oppenheimer (cousine d’Annlies Oppenheimer)

En plus de cette villa, la famille Oppenheimer aura offert à Strasbourg d’autres richesses patrimoniales. En effet, en 2004, Annelies Oppenheimer, fille de Margarete Busch et de Julius Oppenheimer, décide de léguer onze tableaux d’une valeur estimée à plus d’un million d’euros en gage d’amitié pour Strasbourg, dont la municipalité avait tenté d’éviter quelques décennies plus tôt l’expulsion de sa famille. A son décès, survenu dans sa 97ème année, les oeuvres ont rejoint les collections du Musée des Beaux-Arts de Strasbourg.

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Aquarelle de 1913 représentant la villa Oppenheimer et son jardin A.M.S, 709W105 Dossier de la Police du bâtiment, 40 rue de Verdun (Mannheimerstrasse).
Jean Daltroff

Sources et bibliographie

  • Archives municipales de Strasbourg, série Police du bâtiment - 40 rue de Verdun (Mannheimerstrasse) 709 W 105.
  • Bibliothèque Nationale Universitaire de Strasbourg, M 27 502, M 27 503.
  • Jean Daltroff, « Les Adler et Oppenheimer », Revue d’Alsace [En ligne], 136 | 2010, mis en ligne le 01 octobre 2013, consulté le 25 juillet 2016. URL : http://alsace.revues.org/178

Dernière modification : 23/10/2018

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