Il n’y a pas "d’invasion" rom

Il est temps de déconstruire les mythes et les préjugés sur les migrants en Europe

« Les débats politiques et médiatiques sur les migrations des Roms sont récurrents dans plusieurs pays européens. Depuis l’élargissement oriental de l’Union européenne en 2004 et en 2007 et depuis la levée des restrictions à l’emploi des ressortissants roumains et bulgares dans un certain nombre de pays membres de l’Union européenne en 2014, les peurs concernant les migrations des Roms suscitent souvent des discours enflammés et mal informés », déclare Nils Muižnieks, Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, en publiant aujourd’hui un nouvel article dans le Carnet des droits de l’homme.

Nils Muiznieks, Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe - JPEG

Il n’y a pas « d’invasion » rom

Au Royaume-Uni, en Allemagne, en Suisse, en Italie et dans d’autres pays, les médias donnent souvent des chiffres infondés sur l’immigration réelle ou potentielle des Roms. Pourtant, dans certains endroits, le nombre des Roms migrants est resté stable au fil des ans.

En France, par exemple, on estime que le nombre de migrants roms s’élève à environ 15 à 20 000, chiffre stable depuis le début des années 2000. L’année dernière, lors de la visite d’un campement de Roms migrants à Strasbourg, j’ai appris que le nombre global des Roms s’y est maintenu à environ 400 personnes au cours de ces dernières années.

Les chiffres peuvent être plus variables ailleurs mais, en général, aucun élément probant n’indique que les Roms représentent une proportion plus importante des émigrés que celle qu’ils représentent dans la population de leur pays d’origine. Une étude de 2013 sur les Roms en Roumanie estime qu’ils ne sont pas plus prêts à émigrer que les non roms.

Source : Communiqué de presse du Commissaire aux droits de l’Homme, Ref. CommDH 024(2015)
Crédits Photo : Conseil de l’Europe

Dernière modification : 20/07/2015

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