Journée mondiale de la dignité des victimes de la traite d’êtres humains

Déclaration du GRETA à l’occasion de la journée mondiale de la dignité des victimes de la traite d’êtres humains

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À l’occasion de la journée mondiale de la dignité des victimes de la traite d’êtres humains, le Groupe d’experts sur la lutte contre la traite des êtres humains du Conseil de l’Europe (GRETA) tient à exprimer sa grande inquiétude face à l’actuelle crise humanitaire dans la région méditerranéenne qui risque d’alimenter la traite des êtres humains.

Des centaines de milliers de personnes fuient de violents conflits et empruntent des routes périlleuses sur mer comme sur terre. Si la plupart sont transportés par des passeurs qui ne cherchent pas à les soumettre à l’exploitation, pour beaucoup le risque de devenir une victime de la traite dans un tel contexte peut devenir une réalité. Ces migrants font fréquemment l’objet de discrimination et voient se dresser des obstacles pour accéder aux mesures d’assistance, faisant d’eux des proies faciles pour les trafiquants et les exploitants dans les pays où ils demandent l’asile comme dans les pays de transit. Les enfants non accompagnés ou séparés sont particulièrement vulnérables au danger de tomber entre les mains de trafiquants alors que les chances qu’ils soient identifiés comme victimes de traite dans le cadre de procédures de détection sont moindres.

Cette année marque le 10e anniversaire de l’ouverture à la signature de la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains. Le suivi de sa mise en œuvre par le GRETA a mis en lumière des lacunes importantes dans l’identification et la protection des victimes de la traite parmi les demandeurs d’asile et les migrants. Les efforts répressifs contre l’immigration irrégulière sont trop souvent déconnectés de l’obligation juridique d’identifier les victimes de la traite, ce qui entraine des conséquences négatives pour la protection des victimes de la traite et les poursuites engagées contre les trafiquants. Les États parties à la Convention n’autorisent pas tous que des demandes d’asile soient déposées alors qu’une procédure d’identification est en cours à l’égard d’une victime potentielle de la traite, ce qui contrevient aux obligations en matière de protection internationale. Par ailleurs, le fait que des enfants non accompagnés et demandeurs d’asile disparaissent des foyers d’accueil où ils sont placés est une source de grande inquiétude pour le GRETA dans la plupart des pays.

- Retrouvez plus d’informations sur le site du Conseil de l’Europe

Source : Conseil de l’Europe
Crédits Photo : Conseil de l’Europe

Dernière modification : 31/07/2015

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